Les passoires thermiques en France

Pour des millions de propriétaires d’appartements, la course contre la montre a commencé. BFM Business édite en exclusivité une carte de France montrant l’efficacité énergétique du logement.

Où se concentrent les passoires thermiques en France ? Pour répondre à cette interrogation, le spécialiste des données immobilières PriceHubble a analysé plus de 5 000 villes selon la qualité de leurs notes DPE. Vous pouvez voir le pourcentage de passoires thermiques dans les villes sur cette carte de France. La couleur rouge indique plus de passoires, logements classés G et F, la couleur verte indique au contraire l’absence de celles-ci.

Localisation des passoires thermiques

Le vert vient en premier, surtout le long de la côte méditerranéenne et dans toute la partie ouest du pays. Régions avec un pourcentage inférieur à 10 dans la majorité des villes. Les villes les mieux notées sont Cannes (4,8%), Nîmes (4,9%), Montpellier (4,9%) et Perpignan (3,4%).

Bayonne sur la côte atlantique ne compte que 4,1% de passoires. À Bordeaux, il oscille autour de 3 %, à Pessac (2,9 %) et à Mérignac (3,2 %). Le grand gagnant est Saint-Nazaire, qui ne compte que 2% de passoires thermiques.

Les pires concentrations de passoires se trouvent principalement en haute montagne. Dans les Alpes, près de Morzine, à Châtel, plus de 80% du parc est classé F ou G (80,8%), et un peu plus au sud, côté Alpe d’Huez, on avoisine les 75%.

Même tendance avec Font-Romeu et ses 62,5% dans les Pyrénées. Plus au centre, le Marcastel du Cantal est proche de 60%. La commune est à quelques kilomètres d’Aurillac, considérée comme l’une des régions les plus froides de France.

Mis à part le climat, en matière de passoires thermiques, rien ne vaut les grandes villes, notamment à Paris. Dans le 4ème arrondissement on trouve près de 35% de logements classés F et G et avec les E, ce sont donc potentiellement près de 66% des logements de l’arrondissement qui devront mettre en place une rénovation d’ici à 2034 avec la loi d’interdiction des passoires à la location.

Conséquences graves

Par conséquent, le résultat de ces futures interdictions est inquiétant. D’abord parce que le coût de rénovation de ces passoires est énorme. La plateforme de rénovation énergétique Heero a récemment estimé qu’un appartement de 100 mètres carrés nécessite entre 30 et 45 000 euros de travaux pour obtenir deux notes. Même avec les aides publiques comme MaprimeRenov et les aides privées comme les certificats d’économies d’énergie, ce qu’il reste à payer est souvent trop élevé pour que les foyers engagent les travaux nécessaires.

Conséquences directes ? Ventes massives de ces passoires thermiques. Il y a moins de logements locatifs pour les locataires, des ventes forcées pour les propriétaires et parfois des décôtes non avantageuses.

Source: PriceHubble • base des DPE publiée par l’ADEME
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