CIL 2026 : 210 745 carnets créés, mais un désintérêt alarmant dans l'existant — et l'absence de sanctions en est la cause
Trois ans après son entrée en vigueur, le Carnet d'Information du Logement (CIL) affiche un bilan paradoxal. Dans le neuf, il s'impose progressivement comme un standard. Dans l'existant — là où se jouent les vrais enjeux de rénovation énergétique — il plonge. Et la raison est claire : sans sanction, pas d'obligation réelle.
Évolution du nombre de CIL créés — 2023 à 2025
Répartition des CIL — Qui crée vraiment le carnet ?
73 291 CIL en 2025
2 348 CIL en 2025 — en baisse −22%
- En 2025, l'Anah a soutenu 307 731 rénovations énergétiques (dont 120 306 d'ampleur)
- Sur ces 307 000 rénovations, seulement 2 348 CIL ont été créés
- Taux d'adhésion réel dans l'existant : moins de 1%
- Le CIL est censé accompagner chaque rénovation énergétique — il est quasi absent
🚨 Le problème fondamental : une obligation sans sanction
La loi Climat et Résilience du 22 août 2021 a instauré le CIL comme obligatoire. Mais elle a omis l'essentiel : prévoir une punition pour les contrevenants.
- Aucune amende chiffrée n'est fixée à ce jour
- Aucune sanction pénale directe prévue par les textes
- La vente n'est pas automatiquement annulée en cas d'absence de CIL
- Le notaire n'est pas tenu de refuser d'instrumenter l'acte
- L'absence de CIL peut permettre à l'acquéreur d'invoquer un vice de consentement — mais c'est une procédure longue et incertaine
🔮 Scénario : que se passe-t-il si rien ne change ?
À ce rythme, le CIL existant devient statistiquement négligeable d'ici 2028 — à la veille de la généralisation européenne du Digital Building Logbook
🔴 Les 4 risques majeurs du désintérêt actuel
💬 Ce que disent les acteurs du secteur
✅ Ce qui pourrait inverser la tendance
| Mesure envisagée | Impact attendu | Probabilité d'adoption |
|---|---|---|
| Sanction financière en cas d'absence de CIL à la vente Amende fixe (ex. 500–1 500€) ou réduction de prix imposée |
✓ Très fort — crée une obligation réelle | ⚠ Possible en PLF 2027 |
| Conditionnement des aides MaPrimeRénov à la création d'un CIL Pas de subvention sans carnet |
✓ Très fort — 300 000 rénovations/an concernées | ✓ Envisagé par le gouvernement |
| Obligation pour les artisans RGE de créer le CIL Le professionnel, pas le propriétaire, en est responsable |
✓ Fort — change le paradigme de responsabilité | ⚠ En discussion à l'AOPCIL |
| Campagne nationale de communication gouvernementale Comme pour le DPE en 2006–2010 |
▷ Moyen — sensibilise mais ne contraint pas | ✗ Aucune annonce à ce jour |
| Intégration du CIL au dossier de diagnostic technique (DDT) Le CIL devient annexe systématique à la transaction |
✓ Très fort — effet immédiat à chaque vente | ⚠ Piste évoquée par les notaires |
Notre analyse — L'obligation sans sanction est une promesse vide
Le CIL illustre un paradoxe législatif bien connu : une obligation sans contrainte n'est pas une obligation. Trois ans après son entrée en vigueur, le dispositif a réussi là où les professionnels imposaient la règle (le neuf), et échoué là où la responsabilité repose sur le propriétaire-particulier (l'existant).
Le chiffre le plus révélateur n'est pas les 210 745 CIL créés — c'est les 305 383 rénovations sans CIL en 2025 seul. C'est là que se joue l'avenir du dispositif.
Sans sanction financière claire ou conditionnement aux aides d'État, le CIL dans l'existant continuera de baisser chaque année. La Commission européenne attend de la France un dispositif mature d'ici 2028. Le compte à rebours est lancé.
- Proposer systématiquement le CIL à vos clients lors de toute rénovation énergétique, même sans obligation active renforcée
- L'utiliser comme argument commercial : un logement documenté se vend mieux et plus vite
- Se positionner comme expert du CIL avant que la réglementation ne soit durcie
- Adopter une solution numérique conforme comme Mon Carnet Logement pour structurer votre offre de service
